Madiba, un hymne à l'amour au Comedia

Un peu plus de deux ans après le décès de Nelson Mandela surnommé Madiba  (nom du clan tribal dont il est originaire), Paris accueille depuis le 21 janvier 2016 une nouvelle comédie musicale en hommage à l'homme qui a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1993.

Parcellé des moments importants de la vie de Mandela, de danses africaines et de chansons originales, le spectacle tourne autour de l'histoire d'amour a priori impossible entre Helena, une jeune femme blanche, fille du chef de la police et Will, un jeune dessinateur noir, victimes de l'apartheid. La petite histoire rejoint donc la grande et vice-versa; un cocktail efficace grâce au livret de Jean-Pierre Hadida, à la mise en scène de Pierre-Yves Duchesne et aux chorégraphies de Johan Nus.
Tout commence à Johannesburg dans les années 50 quand le jeune Nelson Mandela (James Noah) ouvre le premier cabinet d'avocats noirs d'Afrique du Sud jusqu'à sa radicalisation politique qui l'enverra en prison...à vie. Une courte pause elliptique nous emmène vingt ans plus tard quand Sam (Jean-Luc Guizonne), un jeune militant noir de l'ANC se fait arrêter. Il sera libéré grâce à sa fiancée (Falone Tayoung) qui travaille chez le chef de la police. C'est là que Will (Manu Vince) et Helena (Juliette Behar) se rencontrent et tombent amoureux l'un de l'autre. Enfin, on retrouve Mandela à sa libération après 27 ans d'emrisonnement et son élection en tant que président de l'Afrique du Sud ainsi que les retrouvailles entre les amoureux... L'heure du pardon est venue, "Nation Arc-en-Ciel" est née.

Sur scène, un concentré d'artistes talentueux à découvrir ou redécouvrir pour certains. On retrouve avec joie Jean-Luc Guizonne, Manu Vince et Falone Tayoung que l'on quittait début novembre avec Gospel sur la colline ainsi que James Noah également présent dans ce spectacle qui redonne vie ici à un Nelson Mandela juste et engagé. Mais aussi Juliette Behar, Roland Karl, Lunik, Harmony Dibongue-Levy, Anthony Fabien sans oublier les danseurs qui égayent le plateau. Peu de décors présents pour laisser les personnages s'exprimer et servir l'histoire au mieux. En fond de scène, un rideau semi-transparent derrière lequel sont représentées les cellules des prisonniers et sur lequel sont projetés des illustrations animées, les dessins réalisés par le personnage de Will.

Pendant plus de deux herues, une vingtaine d'artistes s'amuse sur scène et prend plaisir à faire vivre ces personnages touchants - et ça se voit !- devant un public conquis qui passe par toutes les émotions: la peur, la colère, la joie, le soulagement, la tristesse; un vrai ascenseur émotionnel mais surtout, on sort de ce spectacle avec une très forte envie d'aimer, aimer l'autre, aimer la liberté... En bref, ce spectacle est à ne pas rater.

À applaudir au Comedia jusq'au 27 mars 2016 puis en tournée en France à partir du mois d'avril.

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